Les Piolets d'Or

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Jury des Piolets d'Or 2010

Les membres du jury des Piolets d'Or 2010 sont tous des personnalités internationales du monde de la montagne, représentant 6 pays. Alpinistes et journalistes de renom, ils sont reconnus pour leur expérience, leur compétence et leur intégrité.

Andrej Stremfelj (Slovénie, alpiniste), Président du jury 2010

Jordi Corominas (Espagne, alpiniste)

Lindsay Griffin (GB, journaliste, alpiniste)

Anna Piunova (Russie, journaliste)

Robert Schauer
(Autriche, alpiniste)

Kei Taniguchi (Japon, alpiniste)

VIDEO Jury

Andrej Stremfelj, Président du Jury des Piolets d'Or 2010

Andrej Stremfelj court l’Himalaya depuis plus de 30 ans : en 1977 il termine l’arête sud-ouest du Gasherbrum 1 (8068 m) avec Nejc Zaplotnik. Deux ans plus tard, il touche le sommet de l’Everest avec l’expédition yougoslave qui remonte intégralement l’arête ouest, qui présente des passages rocheux difficiles à haute altitude. En 1989 c’est le tour de la voie centrale de face sud du Shishapangma (8046 m), ouverte en 3 jours avec Pavle Kozjek. Parmi ses ascensions sur les 8000, la première de la face sud-ouest du Kanchenjunga sud (8476 m), réussie en style alpin avec Marko Prezelj, est distinguée par le premier Piolet d’Or en 1991. Plus récemment, en 2000, Andrej s’est exprimé sur le versant tibétain du Gyachung Kang (7952 m), et a ouvert à l’âge de 50 ans une voie difficile sur le Janak Chuli (7090 m), en 2006. Andrej fait partie de ces alpinistes slovènes qui étonnent le monde de l’alpinisme. Il est un des représentants de cette génération qui a su larguer les amarres des expéditions traditionnelles pour explorer le style alpin sur les grands sommets.

 

Jordi Corominas Tout comme Andrej Stremfelj et Robert Schauer, Jordi Corominas privilégie l’exploration des plus hautes et difficiles montagnes du monde avec une économie maximale de moyens. Né à Barcelone en 1958, il grandit à proximité des Pyrénées à la Rioja, puis s’installe dans la vallée pyrénéenne de Benasque comme guide de haute montagne. En 2004, il s’impose en amateur comme fort himalayiste, atteignant seul le sommet du K2 par la voie polonaise du pilier sud-ouest, la Magic Line, avant d’en redescendre par l’éperon des Abbruzes. Il reste aujourd’hui le seul alpiniste à avoir répété cet itinéraire ouvert par une grosse expé polonaise en 1986, des plus techniques et engagés à très haute altitude. Corominas compte également de nombreuses expéditions dans toutes les chaines de montagnes du globe. En Inde : voie américaine de l’arête ouest du Thalay Sagar (6904m, 1990), ouverture en face Est du pic Meru nord (6450m, 1994), puis ascension en style alpin de la voie Bonington-Fotheringham au Shivling II (6501m, 1994). De 2004 à 2006, l’espagnol s’exprime en solitaire dans les Andes péruviennes, avec notament les ascensions de la face sud du Chopicalqui (6395m) ou de la face nord-est du Huascaran nord (6654m). Il y revient en 2007 avec Orio Baro, pour ouvrir la très délicate paroi glaciaire et mixte du Siula Chico (6265m), ou encore gravir la face nord du Huascaran sud (6768m). À 50 ans en 2008, Corominas réalise la première de la face Est du Cerro San Lorenzo en Patagonie. Toujours avec Baro, Corominas s’est encore exprimé l’an passé sur l’éperon sud vierge du Tengi Ragi Tau (6968m) au Népal. Il a choisit la descente à quelques longueurs du sommet, des gelures menaçant les pieds de son fidèle compagnon.

Lindsay Griffin est surtout connu en tant que titulaire de la chronique d’alpinisme la plus complète de ces dernières années, qui a été pour les grands magazines britanniques comme High ou aujourd’hui Climb, une sorte de colonne vertébrale. Lindsay y montre une érudition encyclopédique, que ce soit sur le plan historique ou géographique. C’est que Lindsay, en dehors de ses talents de journaliste et d’historien , a voyagé dans la plupart des massifs du monde, d’où il ramené une extraordinaire collection de photos, de renseignements et de contacts. Sa casquette de chroniqueur ne doit pas occulter son activité d’alpiniste. Les habitués du massif du Mont-Blanc se souviendront d’une nouvelle voie sur le versant est du Tacul, ouverte du 30 décembre 1973 au 1er janvier 1974 avec Seamus Billane. Au Népal, Lindsay a ouvert en 1978 avec Roger Everett une voie rocheuse superbe au Kwangde Shar (6093 m), mettant en évidence l’intérêt de la chaîne bien visible de Namche.

 

Anna Piunova

Née le 23 septembre 1970 à Ekaterinburg, ville militaro-industrielle de l’Oural, Anna Piunova a découvert la montagne et l’escalade avec son grand frère. Elle progresse rapidement sur le rocher et devient membre de l’équipe jeune d’escalade de l’Union Soviétique. Elle choisit d’intégrer l’armée et son club des sports, seule chance pour elle de gagner de l’argent en tant que grimpeuse, moyen aussi pour s’éviter une vie trop routinière au cœur d’une ville d’usines. Elle rencontre les forts grimpeurs russes : Alex Klenov, Serguey Borisov ou encore Misha Pershin. Avec eux, elle monte le premier site internet local d’informations sur les montagnes de l’Oural. Lorsque l’Union explose, elle rejoint à Moscou l’équipe du plus vaste site Mountain.ru. Les infos peuvent enfin circuler et Anna développe le site, découvre dans le même temps les cultures alpines et grimpeurs occidentaux. Aujourd’hui, Mountain.ru est le site référence d’informations sur l’alpinisme en Russie. Anna en est le rédacteur en chef, et correspond vers les Etats-Unis pour l’American Alpine Journal et la revue Alpinist.  Photographe diplômée de l’académie de Moscou, elle contribue aussi à de nombreuses publications spécialisées sur l’escalade et la montagne. Attachée aux valeurs du style alpin, des alpinistes comme Bonatti, Messner, Lowe ou Kukuczka sont ses références passées. Toujours grimpeuse de très bon niveau (7b+ à vue, 8a après travail), elle reste inspirée par les alpinistes modernes privilégiant le style léger sur les hautes montagnes techniques.


Robert Schauer est originaire de Graz, en Autriche. Il commence sa carrière d’himalayiste en 1974, avec la première du Pumari Chhish (7458 m). Suivent le G1 (8068 m) en 1975, puis le Nanga Parbat (8125 m) en 1976, par une nouvelle voie, l’arête sud-ouest. Summiter de l’Everest en 1978, du Makalu en 1981, du Broad Peak (8047 m) en 1984, après une hivernale à l’Eiger en 1985, il se lance la même année dans une des plus fabuleuses aventures de l’Himalaya : la face ouest du Gasherbrum IV (7925 mètres), avec Voytek Kurtyka. La difficulté de cette ascension mixte qui se déroule sur un marbre tour à tour compact ou pourri, l’absence d’emplacements de bivouacs, la tempête qui bloqua la cordée pendant deux jours, la descente par la difficile arête nord-ouest l’ont fait entrer parmi les mythes de l’Himalaya. Robert Schauer, qui a créé le Festival international du film de montagne de Graz, est depuis 1988 producteur de films.

 


Kei Taniguchi

Née au Japon le 14 juillet 1972, Kei est attirée par l’aventure depuis l’enfance, admirative de l’explorateur Naomi Uemura, premier japonais à atteindre le sommet de l’Everest et en solitaire le pôle nord, puis le sommet du Denali en Alaska (1970). Il disparaît en mars 1984 lors d’une deuxième ascension du McKinley en hiver, et Kei décide alors d’orienter sa vie pour suivre ces traces en Alaska. C’est en parvenant au sommet du Denali en 2001 qu’elle décide de se consacrer pleinement à l’alpinisme. Ce n’est pas la haute difficulté technique qui la séduit, mais plutôt l’exploration de montagnes vierges de part le monde. Depuis 10 ans, cette manager indépendante en ressources humaines part en expéditions sur les montagnes du monde. Elle a ouvert au Spantik en 2004, réussit la seconde ascension de l’arête est du Mustagh Ata (7564m, Chine) en style alpin et ouvert au Shivling (6543m, Inde) en 2005. En 2006 et 2007, elle fait connaissance avec la très haute altitude au Manaslu et à l’Everest. Pour la première ascension en 2008 de la face sud-est du Kamet (7756m, Inde), en style alpin avec son compatriote Kazuja Hiraide, elle est récompensée l’an passé à Chamonix par un Piolet d’Or. Cette année, elle a échoué deux fois dans ce style engagé et incertain, sur la face ouest du Kunyan Chish (7400m, Pakistan) et sur la face est du Gaurishankar (7134m, Tibet). Au sein de ce jury, elle représente avec féminité la nouvelle génération d’alpinistes engagés.